L'expérience est un don précieux. Après des années d’entraînement et mon diplôme d'instructeur (que je n'ai pas obtenu en croyant mourir, comme un certain petit enseignant pseudo instructeur à qui je rends hommage, pour qui un simple exercice physique équivaut certainement en une horrible torture;-), on finit par se rendre compte de certaines choses. Il faut être humble, tout le monde commet des erreurs et même un instructeur. J'ai eu l'occasion d'en rencontrer 3, les « surhommes » qui voyaient les défauts des autres, mais jamais leurs propres erreurs. Sans doute la raison pour laquelle ils ont été virés de leurs fédérations. Il est alors notoire de constater que ces personnes enseignent leurs erreurs et doctrines aux élèves.

 

Il est donc important pour tout instructeur de commettre des erreurs, car c'est une excellente manière de progresser et notamment de faire progresser les élèves. Bien idiot est celui qui est ou croit être sans défauts. D'ailleurs, nous avons tous débuté un jour.

 

Après avoir fait passer plusieurs passages de grade, et en avoir passé moi-même ; j'ai pris comme constat que les erreurs et les doutes des élèves sont globalement toujours les mêmes. La mécanique du stress d'un passage de grade est similaire à tous et toutes, peu importe l'âge, le sexe ou le grade actuel.

 

Loin de moi l'idée de vous fournir un mode d'emploi pour vous permettre de réussir systématiquement. Ici, il ne s'agit que de pistes pouvant être explorées par les personnes voulant progresser dans le monde merveilleux du Krav Maga.

 

 

 

1)      Faire correctement les mouvements de base.

 

Ceci est l'essence même du Krav maga. C'est d'ailleurs pour cela que le Krav Maga est aussi accessible, aussi ouvert à tous et toutes. Donc autant rester dans une logique simple. Lorsque l'on regarde attentivement les mouvements de Krav Maga (avec un peu de recul, je vous l’accorde), il existe une bonne poignée de techniques qui, au bout du compte, se retrouveront dans toutes les autres d'un niveau supérieur. Il est donc important de correctement exécuté les premiers mouvements de base, car de là découlera facilement le reste des techniques. Il sera alors simple et même intuitif d'en apprendre d'autres.

 

2)      Travaillez encore et encore

 

Pour une bonne progression en Krav maga, il ne suffit pas de suivre un ou deux cours semaines. Il faut aussi retravailler les techniques chez soi, en « Shadow », noter dans un carnet les détails importants, suivre le maximum de formations (stages) possible, visionner les vidéos disponibles. Comme pour toute chose, il faut progresser et être curieux. Contrairement à la doctrine des autres fédérations de Krav Maga en Belgique (liste disponible sur Google), engluées dans des canevas techniques  restreints,  il faut prôner la plus grande diversité et s'attacher à suivre des instructions dans d'autres sports (combat, self-défense...). Le self-défense n'a pas pour vocation d'entrainer des personnes pour gagner une compétition. Ici, on parle de survie. Il est donc criminel, de la part de toutes ces fédérations auto-proclamées supérieurs, de rester confiner dans une seule et même vision. Tester et apprenez tous ce que vous pouvez, cela ne sera qu'un plus lors de vos cours de Krav Maga.

 

 

motivation

 

3)      Travaillez à plusieurs

 

Les entraînements sont collectifs. Il est donc nécessaire d'avoir une bonne entente avec ces partenaires. Alors pourquoi ne pas profiter de cette collaboration ? Pourquoi ne pas profiter d'un jour ensoleillé pour se retrouver (une heure ou deux) et retravailler, poser des questions, s’entraîner en groupe. Je n'ai jamais autant avancé dans ce sport qu'en prenant tout ce que mes partenaires pouvaient m'apporter, même en dehors des cours.

 

4)      Trouver votre motivation

 

C'est ici une notion générale qui s'applique à tous les sports, toutes les disciplines. Il ne faut pas se faire d'illusion, sans une bonne motivation, vous ne progresserez pas et vous finirez par ne plus quitter votre canapé. Je n'ai donc aucune recette miracle à proposer. Tout ceci est personnel et doit se retrouver dans une démarche à long terme. La chose la plus importante, à ne pas perdre de vue, est qu'il est indispensable de se faire plaisir. Bien des élèves sont venus pour « apprendre » à se défendre. Sage décision. Malheureusement, aucun n'est resté bien longtemps. Donc, comme dans la vie de tous les jours, trouver un objectif, accessible et prenez juste votre pied pendant toute la période nécessaire pour l'atteindre.

 

5)      Ne vous trouvez pas d'excuses

 

Cela porte également le nom de « syndrome du canapé ». Les excuses existent, elles doivent servir. Mais l'être humain est de nature un peu paresseux. Dès qu'il fait froid, qu'il fait noir, que l'on est fatigué...pouf...plus d’entraînements. Pendant la période hivernale, le nombre d'élèves chutes généralement de 10 à 20 %. Je ne connais que trop bien le «je n’ai pas le temps ». J'en ai fait usage tellement de fois, que je serais ruiné si cela me coûtait 10 cents à chaque utilisation. Au bout d'un moment, je me suis rendu compte que le temps, je l'avais. Mais il fallait juste le planifier autrement. Idem pour la fatigue. Rien n'empêche de s’entraîner sous la fatigue. D'ailleurs, le sport est reconnu pour être un activateur d'énergie. La preuve ? Combien de personnes sont capables de s'endormir immédiatement après une séance de sport ?

Il ne faut pas perdre de vue que, lorsque l'on baisse les bras une fois, il est nettement plus difficile de les relever. Donc, fatigue, douleur, temps, froid, ect...ne doivent pas détourner vos entraînements du droit chemin.

 

6)     Vous en êtes capable

 

Tout est possible, même si l'objectif semble lointain et inaccessible. Personne ne vient au monde en étant naturellement fort, musclé, rapide, intelligent ou courageux. Cela s'acquière avec le temps, l'expérience et la volonté. J'ai vu bien des élèves qui ne parvenaient pas à avancer, pas à progresser. Avec de l'acharnement et un bon instructeur qui à su trouver les mots, ils y sont arrivés. J'en suis la preuve vivante ;-).

 

 

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7)      Préparez-vous à affronter l'échec

 

Tout le monde se plante. Tout le monde rate. Ok, il existe des clubs, des fédérations où l'argent est un facteur plus important que le niveau technique. Mais, pour quel résultat ? Devenir un expert rapidement et être la risée de toutes les autres fédérations à cause d'un niveau « produit blanc » de chez Aldi ? Il est donc nécessaire d'être prêt à l'échec. Mais personnellement, je préfère voir les choses autrement. Il n'arrive de perdre lors d'un combat au sol avec des élèves. Ok, c'est très rare, mais cela arrive. Et tant mieux. Je lui sauterais dans les bras, à celui qui me met bien en échec, qui m'oblige à abandonner. Pourquoi ? Car ma philosophie est bien différente du commun des mortels. J'ai raté ? Ok, j'assume. De plus, cela me permet de savoir quelle est l'erreur commise. Donc, une fois cette erreur identifié, je reconnais ma faiblesse et je pourrais la travailler pour la corriger. Il est donc, à mes yeux, plus intéressant de se « planter » que de réussir. Car cela fait partie de la vie et surtout du cycle de formation. L'échec est une chose désagréable. Mais si la personne y est préparée, elle en ressortira grandie.

 

8)      Accepter vos erreurs pour progresser.

 

Il est normal de ne pas parvenir à effectuer un mouvement, une technique, ne pas comprendre et râler. Il est possible de rater un passage de grade. La déception est humaine, c'est un sentiment universel. Dans ce genre de situation, on est tellement convaincu d'avoir fait les choses correctement, parce que l'on y a mis toutes nos tripes, qu'un échec est difficilement concevable. Mais il fait accepter  de ne pas réussir, d'avoir encore des progrès à faire. Cette acceptation vous rendra plus fort (mentalement comme techniquement). L'échec n'est pas un signe que vous n'êtes pas capable, c'est juste une prise de conscience qu'il vous faudra encore un peu de temps pour y arriver.

 

9)      Ne pas renoncer, même si c'est dur, même si cela fait mal

 

Il est souvent dit que, si l'on baisse les bras une fois, on le fera toute sa vie. C'est malheureusement assez vrai. Lorsque cela devient dur, on abandonne. Encore un sentiment très humain. Le fait de ne pas renoncer, voilà justement ce qui fera la différence entre vous, et un quidam, une personne de la vie de tous les jours. Faire du Krav Maga, pratiquer un self-défense, c'est une aventure, comme s'engouffrer dans une grotte. On ne sait pas sur quoi on peut tomber. On ne sait pas si l'on passera, si l'on verra la lumière. Parfois, il faudra forcer et donner tout ce que l'on a au fond de soi pour franchir l'obstacle. C'est la même chose en Krav Maga. Ayez toujours à l'esprit que vous n'êtes pas seul. Avant vous, il y avait aussi d'autres personnes qui avaient des difficultés, mais qui y sont arrivés. N'abandonner jamais.

 

10)  Faites des sacrifices.

 

N'ayez pas peur de donner de votre personne. Faites des stages, faite du sport (fitness, cardio..) en plus de vos cours de self-défense. Il n'y a pas de miracles, plus vous vous entraînez, plus vous devenez fort, précis, rapide et plus votre confiance augmentera. Votre instructeur sera toujours là pour vous épaulez, vous conduire dans la bonne direction. On n’a rien sans rien.

 

choose-courage

 

 

Après tous ces conseils, on peut se demander si le commun des mortels est en mesure d'y arriver. Et je terminerais par cette phrase qui, je l'espère vous verra méditer : On ne vous demande par la perfection, qui sommes-nous pour exiger cela ? On vous demande juste de la progression et de la motivation.